Let it die

Iran, ancienne terre de nomadisme pastoral. S’ils sont romantisés dès l’aéroport de Téhéran par des affiches valorisant les achayers (i.e. nomades) en habits colorés à l’arrivée des voyageurs, les populations nomades se sédentarisent.

Trois familles – une Lor, deux Qashqai – pratiquant le pastoralisme nomade, alternent entre un campement d’hiver et un campement d’été. Une vie rythmée par le cheptel, la nature et les saisons, entre chaleur assoiffée et hiver pinçant.

Cependant, la « modernité » s’est appropriée les voies pastorales : les campements dorment sous les lignes à haute tension, les artères goudronnées ont rompu les chemins pastoraux. Comme en ville, les téléphones sont omniprésents. Les panneaux solaires voire l’électricité centrale éclairent les diners. A l’inverse, l’eau et les lieux de pâture sont de plus en plus rares. Il devient difficile d’établir le camp.

« Avant la révolution la vie était moins difficile. L’eau était moins rare. Nous pouvions nous déplacer plus librement avec le troupeau. Désormais, soit tu possèdes la terre soit tu dois la louer ! Comment pourrais-je souhaiter la même vie pour mes enfants ? »

A la fois fier·es de leur héritage culturel et dans l’espoir d’offrir des
opportunités plus variées à leurs enfants, parfois scolarisé·es à plusieurs centaine de kilomètres, les adultes se perçoivent comme la dernière génération nomade.

« La vie nomade s’éteint, qu’elle meurt avec nous. »

 

Iran, 2018